Archive pour avril 2009

L’ÉRABLE À PALABRES, UNE SÉRIE WEB SUR LES CANADIENS ORIGINAIRES DE L’AFRIQUE

Vendredi 24 avril 2009

LANCEMENT DE LA WEBSÉRIE - L’ÉRABLE À PALABRESLes Africains sont de plus en plus nombreux à s’établir au Canada. Entre 2001 et 2006, près de 11 % des nouveaux arrivants au Canada étaient des Africains de naissance. La série documentaire L’ÉRABLE À PALABRES présente quelques facettes de la vie de ces Africains et, surtout, leur donne la parole. À cette occasion, nous recevons en table ronde quelques Canadiens d’origine africaine: Mariam Diawara, fondatrice de la Maison de l’Afrique à Montréal, Yves Alavo, conseiller au développement culturel à la Ville de Montréal et Lydie Olga Ntap, fondatrice et directrice générale du Musée de la Femme à Longueuil.  Le lien pour voir et entendre : http://rciviva.ca/erable_a_palarbres/

L’Érable à palabres est une production de Radio Canada International, conçue par Didier Oti et réalisée par Hector Vilar.

Didier Oti, Ph.D

Journaliste d’origine camerounaise, Didier Oti est présentateur-réalisateur à Radio Canada International et collaborateur à l’émission Tam-Tam Canada. Il est également enseignant à l’École des Médias, aux Départements de Communication et de Psychologie de l’Université du Québec à Montréal. C’est lui qui a conçu le projet de l’Érable à Palabres.

Hector Vilar

Journaliste et réalisateur de courts-métrages, Hector Vilar est né en Espagne et a grandi à Sao Paulo, au Brésil. Il a joint Radio Canada International en 2004 en tant que présentateur-réalisateur de la section brésilienne. Il a fait des études en communication à Sao Paulo et à l’UQAM, au Québec. En 2007, Hector a conçu et réalisé “J’adopte un pays”, la première websérie du groupe CBC/Radio-Canada.

Le Film L’ABSENCE DE MAMA KEITA À VOIR ABSOLUMENT

Vendredi 24 avril 2009

 

Vendredi 24 avril au Cinéma Beaubien, 2396 rue Beaubien Est, passe à 20 h 30, salle 2, dans la cadre du Festival Vues d’Afrique-PANAFRICA INTERNATIONAL, le film L’ABSENCE  du réalisateur et auteur MAMA KEITA. 

 

Allez vite le voir.  C’est le film a remporté le Premier Prix pour la qualité exceptionnelle du scénario au FESPACO (Ouagadougou 2009).  En 81 minutes, vous allez vivre, avec les photos les plus expressives, une situation riche en actions et en questions grâce aux personnages d’une humanité forte.  Nous sommes captivés de la première à la dernière minute.   Nous sommes conquis par la psychologie des êtres qui partagent leurs angoisses, des personnes qui livrent leurs aspirations les plus intimes, qui vivent avec nous leur quête d’amour, leur besoin de reconnaissance, leur soif de communication et leur volonté d’affirmation de leur totalité existentielle.  Plus qu’un appel à celles et à ceux qui choisissent l’exil et l’apport de talents remarquables aux économies, aux sociétés et aux institutions des pays (du Nord) où ils créent et où ils  développent un savoir faire et des vertus humaines au détriment des pays d’origine (du Sud) où elles et ils sont nés, ce film nous présente un portrait cru et sans complaisance de cet état de réalité complexe et multidimensionnelle.

 

Mama Keita met à notre disposition une oeuvre d’une qualité scénique exquise et sophistiquée, un film construit avec une maîtrise dosée et intelligente de la durée, avec une connaissance précise des ressorts et des moteurs de la vie sociale, de la dynamique politique et des profondeurs spirituelles des humains.  L’auteur et scénariste de génie organise un univers, lui insuffle une énergie faite de la tension qui jaillit des caractères de chaque personnage dans l’interaction dans laquelle il a décidé de les mouvoir.

 

Direction d’acteurs supérieure, thématiques harmonisées et une mise en scène méticuleuse.  Chaque segment du film est scruté, chaque effet spatial est calibré en fonction d’une trame que Mama Keita place avec l’agilité et l’assurance que des années de travail lui ont donné.  Il a mis à l’épreuve un capital d’écoute et son immense puissance d’adaptation et de compréhension des tissus qui font les humains dans leur complexité; cela lui vaut de réussir là où une poignée de grands de l’art cinématographique accèdent : la création d’un monde authentique et crédible.

 

Yves Alavo

 

 

MAMA KEITA

Notes biographiques sommaires

 

Né à Dakar en 1956.

Réalisateur vietnamo guinéen, Mama Keïta possède la double nationalité franco-guinéenne. Après des études de droit à l’Université de Paris I, il devient scénariste.  Il débute sa carrière de réalisateur en 1981 et tourne 5 court métrages puis, en 1990 Ragazzi et Le 11ème commandement en 1997.

En 1998, il réalise le documentaire David Achkar, une étoile filante, un hommage à son ami réalisateur mêlant archives, textes et photos.  Son dernier film, Le fleuve, est né d’un projet originel de David Achkar.  En 1998, David Achkar qui s’apprêtait à tourner Le Fleuve, meurt d’une leucémie. Il fait promettre à son ami, Mama Keïta de faire ce film à sa place. Le cinéaste qui ne connaît pas l’Afrique de l’intérieur et doit s’approprier le film de David Achkar et le faire sien. Il entame alors un voyage initiatique de Dakar à Conakry.

Le Fleuve, son long-métrage réalisé en 2002, reçoit le Prix de la Presse au Festival du film de Paris, 2003.

Il signe Le Sourire du Serpent, réalisé en 2006, en compétition au FESPACO 2007.

En 2009, il sort L’ABSENCE sélectionné au Festival de Rotterdam (Hollande) et dans la compétition officielle du Fespaco 2009 (Burkina Faso) où il remporte le Prix du scénario.

 

 Une critique de TOUKI MONTRÉAL

Dakar, de nos jours. Un taxi jaune et noir se gare dans une cour. En descend un jeune homme, muni pour seul bagage d’une valise. Il sonne à une porte de jardin. Adama, polytechnicien de formation rentre chez lui, après 15 ans d’études passés en France…

L’absence, c’est celle d’Adama aux siens : sa grand-mère, sa cadette Aïcha, son ami d’enfance Djibril. 15 ans de silence, de quasi-indifférence puis ce retour fêté dans la joie de la grand-mère et les larmes d’Aïcha. Or, très vite, la présence d’ Adama dans la maison met à jour l’état de décomposition dans lequel se trouve la famille Diop. A l’image d’ Aïcha qui se prostitue par dépit et par colère envers elle-même, la famille se désagrège, et Adama se sent pour la première fois de sa vie impuissant.

Tout comme cette sœur qu’il lui est devenu impossible d’aider, il y a son pays, le Sénégal, auquel il manque cruellement. « Tu es au premières loges pour assister à l’agonie de tout un peuple, le tien », lui crie son ancien professeur avant de le congédier, car Adama vient de lui avouer qu’il ne resterait pas travailler au pays. Des dialogues âpres, durs mais riches de sens pour dénoncer le phénomène de la fuite des cerveaux.

Des rues mal famées de Dakar aux scènes de violence à la maison, dans des clubs ou des chambres d’hôtel, L’absence, par son jeu d’acteurs et ses dialogues crus, est un film qui nous empoigne et nous oblige à faire face à des réalités qu’on aimerait bien pouvoir ne pas voir.  

Au fond, pour Adama, son pays et sa sœur Aïcha relèvent d’une même quête. Il lui faut porter secours à l’un et à l’autre mais sa marge de manœuvre n’est pas bien grande. Tel un héros des tragédies grecques faisant face à des forces qui le dépassent, Adama subira alors un choix qui n’est pas sien.

 

L’Absence de Mama Keïta

Prix du meilleur scénario, Fespaco 2009

 

 

 

 

RECHERCHE SUR LES INFRASTRUCTURES CULTURELLES

Dimanche 12 avril 2009

 le 7 avril 2009, Vancouver – Le Réseau 

des villes créatives du Canada vient de publier un rapport spécial sur les 

infrastructures culturelles pour aider les municipalités canadiennes à planifier 

leurs projets de rénovation et de construction d’édifices. 

Le document intitulé L’infrastructure culturelle : Partie intégrante des collectivités 

canadiennes, fondé sur des travaux de recherche effectués à l’échelle 

internationale et nationale, est distribué aux municipalités partout au pays. 

« Nous savons que les municipalités ont besoin de travaux de recherche afin 

d’assurer la réussite de leurs projets d’infrastructures culturelles. Ce rapport vient 

à point nommé étant donné que le gouvernement fédéral a reconnu récemment 

la nécessité de financer les infrastructures culturelles dans le budget » 

commente Elizabeth Keurvorst, directrice exécutive. 

  

Le Réseau des villes créatives du Canada offre aux administrateurs du 

développement culturel des possibilités de développement professionnel et des 

travaux de recherche. Ses membres desservent directement plus de 16 millions 

de Canadiens dans la prestation de planification culturelle et de programmes à 

l’échelle régionale. Pour en apprendre plus sur la planification des infrastructures 

culturelles et le Réseau des villes créatives, visitez le site www.creativecity.ca. 

 

– 30 – 

 

Relations avec les médias 

Katherine Clark 

Tél: 604.688.2489 

 

 

Mort de Fredy Villanueva: des ratés avant même l’enquête du coroner

Mardi 7 avril 2009

 Une requête de la famille de la victime et des témoins sera entendue demain

La famille de Fredy Villanueva et les principaux témoins de l’intervention policière qui a coûté la vie au jeune homme reviennent à la charge. Ils réclament à la fois une enquête du coroner élargie afin de traiter du profilage ethnique par les agents du Service de police de Montréal (SPVM) et ils revendiquent des «moyens équivalents» aux policiers pour se faire entendre.

L’enquête publique du coroner sur la mort du jeune Villanueva n’est pas encore commencée qu’elle connaît de sérieux ratés. Selon une requête dont Le Devoir a obtenu copie, les parents du jeune disparu et les principaux témoins de la funeste intervention policière du 9 août dernier, à Montréal-Nord, n’ont pas pu obtenir un exemplaire de la preuve amassée par la Sûreté du Québec (SQ). Et le coroner ad hoc, Robert Sansfaçon, considère qu’ils ne sont plus représentés par des avocats dans le cadre des audiences publiques.

Dans une requête qui sera présentée demain au palais de justice, la famille Villanueva et les cinq témoins du drame (Dany Villanueva, Jeffrey Sagor-Metellus, Denis Meas, Jonathan Senatus et Anthony Clavasquin) réitèrent leur demande pour que soient mis à leur disposition des «moyens équivalents» à ceux des policiers lors des audiences publiques. Ils veulent mettre la main sur la preuve de la SQ, une brique de 1060 pages avec des extraits audio et vidéo. Ils veulent aussi connaître les raisons pour lesquelles la Couronne a choisi de ne pas porter d’accusations contre Jean-Loup Lapointe et Stéphanie Pilotte, les deux patrouilleurs impliqués dans la mort de Villanueva. À ce sujet, ils souhaitent faire témoigner tous les procureurs qui ont passé en revue la preuve compilée par la SQ.

Les parents de Fredy Villanueva, leur fils Dany et les quatre autres témoins ont tous signé cette requête dans laquelle ils réclament également que l’enquête du coroner se penche sur le profilage ethnique au SPVM et sur les allégations de partialité des enquêtes sur les morts d’hommes aux mains de policiers (la SQ enquête sur le SPVM, et vice-versa).

La Ligue des droits et libertés, reconnue comme une «personne intéressée» aux fins de l’enquête, partage cet avis. La Ligue n’a pas signé la requête, mais ses porte-parole tiennent aujourd’hui une conférence de presse, pour se prononcer en faveur de la tenue d’une enquête élargie qui traiterait des questions de profilage ethnique et des allégations d’impunité dont bénéficieraient les policiers impliqués dans des cas de mort d’homme.

 

Un profond malaise

La correspondance entre Robert Sansfaçon, le procureur du coroner, François Daviault, et l’avocat de Jeffrey Sagor-Metellus, Alain Arsenault, lève le voile sur le profond malentendu qui assombrit les chances de succès de l’enquête tant attendue du coroner, à compter du 25 mai.

Le 23 janvier, les avocats de la famille Villanueva et les principaux témoins ont annoncé leur intention de ne plus participer à l’enquête, étant donné que le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, n’acceptait pas d’assumer les frais d’avocats de tout le groupe. Au mieux, le ministre Dupuis a promis de prendre en charge les frais de la famille Villanueva.

Depuis ce jour, le juge Sansfaçon et Me Daviault considèrent que les parents de Fredy Villanueva et les cinq témoins de la mort du jeune homme se représenteront seuls lors des audiences publiques. «Je comprends que vous n’êtes plus représentés par des avocats, mais que vous pouvez toujours participer à cette enquête à titre de personnes intéressées», écrit Robert Sansfaçon dans une lettre du 26 janvier. «Je vous informe cependant que vous devez obligatoirement vous présenter aux dates indiquées sur les subpoenas que vous avez déjà reçus à titre de témoins», ajoute le coroner ad hoc Sansfaçon.

Selon Alain Arsenault, cette position équivaut à un «déni du droit à l’avocat de son choix» pour les Villanueva et les témoins du drame, qui ont pourtant été reconnus comme des «personnes intéressées» dans le cadre de l’enquête publique. La situation est d’autant plus difficile à comprendre que les avocats écartés du dossier ont tous signé la requête dont Le Devoir a obtenu copie.

Par ailleurs, Me Daviault refuse obstinément de donner un exemplaire de la preuve aux avocats de la famille Villanueva et aux témoins. «[…] l’enquête du coroner n’est pas le procès d’un accusé où il y a obligation de divulgation de la preuve pertinente par le poursuivant», explique-t-il dans une lettre du 3 mars dernier dont Le Devoir a obtenu copie. Me Daviault reconnaît par contre que la preuve peut être transmise «de façon volontaire et à certaines conditions».

Les avocats des agents Lapointe et Pilotte et la Fraternité des policiers de Montréal ont obtenu des informations sur l’enquête de la SQ, de même que la Ligue des droits et libertés. Mais quand Jeffrey Sagor-Metellus (atteint d’une balle dans le dos lors de la tragédie du 9 août) a demandé qu’un exemplaire de la preuve lui soit acheminé au bureau d’Alain Arsenault, Me Daviault a répondu au jeune homme qu’il pouvait consulter le document à ses bureaux. Une «partie importante de la preuve documentaire» sera déposée lors du début des audiences, enchaîne Me Daviault dans cette lettre du 17 mars. De plus, une copie d’un rapport ou d’une déclaration sera remise avant chaque témoignage, écrit Me Daviault.

Selon Alain Arsenault, c’est un non-sens. «Comment voulez-vous qu’on se prépare adéquatement sans avoir accès à toute la preuve? À titre d’exemple, il est même possible que les policiers impliqués n’aient jamais été rencontrés par les policiers de la SQ chargés de l’enquête.»

La journée de demain promet donc d’être animée au palais de justice. Outre la requête des Villanueva et des témoins, le policier Jean-Loup Lapointe, qui a ouvert le feu sur Fredy Villanueva, et son équipière Stéphanie Pilotte exigeront une ordonnance de non-publication sur tous les détails (y compris leurs noms) permettant de dévoiler leur identité lors des audiences.

BRIAN MYLES Édition LE DEVOIR du mardi 07 avril 2009

Montréal-Nord: un appel à l’aide des citoyens

Vendredi 3 avril 2009

Près de neuf mois après les tragiques événements survenus à Montréal-Nord, les intervenants communautaires du secteur lancent un appel à l’aide pour obtenir du soutien financier afin de mieux intégrer les citoyens de ce quartier toujours très instable.

Pour y arriver, il faut des projets dont les grandes lignes sont détaillées dans le Rapport des chantiers de Montréal-Nord. Le rapport d’une quarantaine de pages dévoilé cet après-midi révèle qu’un sentiment d’insécurité plane toujours dans le secteur. Le document auquel ont collaboré 120 personnes contient aussi une foule d’initiatives qui devraient être mises en place pour ramener un semblant de normalité dans ce quartier.

«Pour l’instant, nous sommes à soigner nos plaies et à identifier les défis de demain. Nous voulons être entendus et surtout soutenus», a dit Brunilda Reyes, de l’organisme Fourchettes de l’espoir, l’une des instigatrices du rapport.

La jeunesse et la sécurité publique

Les sept chantiers identifiés par les auteurs du document touchent entre autres l’école, la famille, la sécurité, l’emploi et le logement. Les intervenants se sont notamment penchés sur la question des relations entre les policiers et les jeunes.

«La discrimination, le racisme, l’exclusion et le sentiment d’être des citoyens de seconde zone engendrent un malaise profond chez une part importante de la population de Montréal-Nord», peut-on lire dans le document pour lequel plus de 500 résidants du quartier ont donné leur avis.

De nombreux efforts devront être menés pour que la population reprenne confiance dans les forces policières, admet Jean-Pierre Beauchamp, porte-parole du regroupement Montréal-Nord en santé.

«Les jeunes n’ont pas confiance, ils ne veulent pas parler aux agents. Le commandant du poste de quartier est prêt à recevoir leurs plaintes au sujet des policiers. Il est primordial qu’un climat de respect s’installe entre les citoyens et les autorités.»

Des flèches contre l’arrondissement

Quelques flèches sont lancées contre l’arrondissement de Montréal-Nord. Par exemple, le nombre de parcs et d’espaces verts est nettement insuffisant. Les équipements sont jugés «désuets et dans certains cas, dangereux», relate le rapport.

«La répartition géographique de ces services [est] inégale. [Le] financement de base [est] insuffisant à long terme pour assurer la permanence des services», écrit-on plus loin.

La directrice du Centre des jeunes l’Escale, Christine Black, se réjouit des conclusions du document, mais elle rappelle que les ados du quartier attendent maintenant des gestes concrets.

«Les jeunes n’accordent pas d’importance à la paperasse. Ils veulent des activités. Ils sont toujours nombreux à s’inscrire dès qu’une initiative est créée. Mais il en faut plus et il faut que ça dure», observe la jeune femme.

Les responsables de ces chantiers assurent que des annonces seront faites sous peu concernant des projets bien précis à venir.

 

Jean-Michel Nahas, journaliste Rue Frontenac